venus_khoury_ghataUne récente émission de « La librairie francophone » de France Inter invite Vénus Khoury-Ghata, un écrivain d'origine libanaise. Elle a publié une vingtaine de romans, et autant de recueils poétiques et elle a été couronnée de nombreux prix dont prix Apollinaire, prix Mallarmé, grand prix de Poésie de la SGDL et grand prix de poésie de l'Académie Française.

Dans cette émission, qui est enregistrée dans une rue de Beyrouth, Vénus Khoury-Ghata évoque son souvenir de sa ville natale, où elle est agrandie. Elle la trouve très changée. Beyrouth a été mille fois incendiée, brûlée, à cause de la guerre civile. Maintenant elle renaît des cendres. Elle trouve magnifique de la voir en train de retrouver son vrai visage. Ce qui est beau dans cette ville, c’est que l’on peut entendre en même temps le son des mosquées et la cloche des églises. Il y a une telle harmonie entre les deux communautés. C’est un passage de fraternité et le lien entre les hommes.. Elle dit que sa vie était ponctuée de drames et elle souffrait de voir son père de se déchaîner contre son frère, qui aurait pu être poète. Mais son père l’empêchait. Vénus Khoury-Ghata écrivait sur le cahier de son frère, avec la plume de son frère pour le commémorer. Elle doit son succès à lui. Puis l’animateur et Vénus Khoury-Ghata vont dans le quartier où elle a passé son enfance. À peine arrivée, Vénus Khoury-Ghata reconnaît sa maison et commence à raconter sa vie ici.. Elle dit qu’elle a honte de raconter son enfance terrible avec ce père qui faisait régner la terreur. Son père était très sévère et interdisait sa fille de parler avec des garçons et rentrer à la maison tard. Quand elle revenait de l’école, deuxième de la classe dans l'examen, son père allait être en colère. Elle attendait au seuil de la maison et souhaitait qu’il ne rentre pas et même souvent sa mort. Mais c’était aussi un homme honnête. Il donnait tout ce qu’il avait gagné à Vénus Khoury-Ghata pour qu’elle puisse aller à la bonne école et bien s’habiller. Elle ne sait pas s’il doit le haïr ou l’aimer. Elle avertit que c’est la première fois qu’elle ose revenir dans cet endroit. C’est une revanche de revenir ici. C’est piétiner le sol où elle a eu peur et mal, où elle a été terrorisée. L’émission termine avec la musique libanaise.

Après avoir écouté cette émission, je suis très touché. Un enfant né dans un pays de guerre civile est allé à l’école et a appris la littérature malgré tous les obstacles. Enfin elle est devenue un grand poète. Vénus Khoury-Ghata a évoqué le souvenir de son père dans l’émission. D’après moi, même si elle a dit qu’elle le haïssait, mais au fond de son cœur, elle le remercie. Bien entendu son père était sévère, mais s’il ne l’était pas, aurait Vénus Khoury-Ghata pu devenu une personnalité éminente ? Tout ce qu’a fait son père était pour Vénus Khoury-Ghata et sa mère. Il était difficile pour lui de manifester son amour directement. Être stricte, c’est son choix. Son père est un grand père.