Des bandes dessinées belges
La semaine dernière, un femme professeur Belgique Sara est venu dans notre institut et nous a donné plusieurs cours sur la Belgique. Elle nous a parlé des bandes dessinées belges, du chocolat, de Hercule Poirot... les symboles de la Belgique. Elle a accentué particulièrement sur les bandes dessinées belges, Tintin, Spirou (1938), Blake et Mortimer (1946), Lucky Luke (1947), Bob Bang (1947), Félix (1949), Achille et Boule-de-Gomme (1949), Gil Jourdan (1956), Gaston Lagaffe (1957), les Schtroumpfs (1958)... Tout cela me rappelle une beau souvenir d’enfance. Ces caractères m’ont accompagné dès le temps où j’ai commencé à apprendre à parler. J'ai cherché sur des bandes dessinées belges et Tintin, un caractère que j'aime le plus quand j'était
petit et je le partage avec vous.
En tout, la Belgique compte pour le moment plus de 650 auteurs de bande dessinée « la plus grande concentration au monde de héros de papier au kilomètre carré » s'amusent à dire certains.
Après la seconde guerre mondiale, la bande dessinée belge francophone est marquée par la prédominance de journaux destinés à la jeunesse, comme Le Journal de Tintin (Bruxellois) et Le Journal de Spirou (à Marcinelle), qui donnent naissance à l'école dite de bande dessinée franco-belge. Cette BD s'est vue offrir les possibilités du marché français, elle a été amenée à se franciser, c'est-à-dire non pas à s'exprimer en français, ce qu'elle faisait déjà, mais à renoncer aux référents belges: Les différentes maisons d'édition wallonnes et bruxelloises imposent aux auteurs dès les années cinquante un standard français pour des raisons commerciales (...) les uniformes et les panneaux de signalisation adoptent des critères
hexagonaux... Des références récurrentes aux paysages et à l'imaginaire wallons sont cependant notables chez des auteurs aussi différents que Comès ou Peyo (décors de Johan et Pirlouit). Il y a aussi les paysages qui apparaissent en quelque sorte par hasard comme la cathédrale Saint-Aubin de Namur, les langues parlées chez certaines tribus exotiques de la Natacha de François Walthéry (souvent du wallon ou picard, on retrouve aussi le même procédé chez Hergé en patois flamand de Bruxelles), les bateaux touristes le long de la Meuse à Dinant, etc.
Les Aventures de Tintin est une série d’albums de bande dessinée créée par le dessinateur et scénariste belge Georges Remi, dit Hergé. La série est publiée pour la première fois le 10 janvier 1929 dans Le Petit Vingtième, supplément pour enfants du journal belge Le Vingtième Siècle, et se termine prématurément avec la mort d’Hergé le 3 mars 1983. 
Les Aventures de Tintin se déroulent dans un univers reproduisant minutieusement l’univers réel, fourmillant de personnages aux traits de caractère bien définis. Le héros de la série est le personnage éponyme Tintin, un jeune reporter et globe-trotteur belge. Il est accompagné durant ses aventures par son fox-terrier Milou. Au fil des Aventures, plusieurs figures récurrentes sont apparues comme le capitaine Haddock — qui ne tardera pas à devenir un personnage principal —, les détectives incompétents Dupond et Dupont, ou encore le professeur Tournesol.
La série est appréciée depuis longtemps pour ses dessins à la fois dépouillés et vivants, dans la droite ligne du style inventé par son créateur, la « ligne claire ». Les intrigues des albums mélangent les genres : des aventures de cape et d’épée avec une touche de fantastique aux enquêtes policières, en passant par les histoires d’espionnage, ou encore la science-fiction. Les histoires racontées dans Tintin font toujours la part belle à l’humour « peau de banane », contrebalancé dans les albums plus tardifs par un certain sens de l’ironie et une réflexion sur la société.
(la source : Le wikipédia)
-Aimez-vous Brahms ? -Oui.
J’ai vu ce film deux fois la semaine dernière qui a été adapté du roman du même titre de Françoise Sagan. Comme j’aime beaucoup Brahms, j’ai voulu voir ce film depuis longtemps et j’ai voulu savoir quel est le rapport entre Brahms et ce film. Le scénario est simple. Paule, à la veille de la quarantaine, sans enfant, est avec Roger, un playboy. Car son métier l'amène à être souvent en déplacement, elle se sent seule parfois. Quand surgit Simon, un jeune homme beau et très vite amoureux d'elle, Paule ne sait pas si elle doit succomber, ou rester à jamais fidèle à un homme volage. Lorsque Roger est en déplacement, Paule vit avec Simon tous très heureux. Mais à la fin, Paule quitte Simon car elle se considère très vieille pour lui. J’ose dire que Simon ressemble dans certaine mesure à Brahms. Ils sont tous sensibles. Ils aiment deux femmes de 15 ans plus qu’eux-mêmes(Brahms aime Clara, la femme de Robert Schumann et Simon aime Paul). Ils prennent en compte en premier lieu celle qu’ils aiment en ignorant eux-mêmes. Ils se sacrifient pour leurs âmes sœurs. Ils les quittent à la fin pour les rendre heureuse. On entend souvent le troisième mouvement de la troisième symphonie de Brahms dans ce film. Ces notes plaquées sur le paysage urbain, expressément parisien, filmé dans un noir et blanc austère suffisent à donner au film une dimension profondément mélancolique et rythmeront de manière entêtante le récit des amours tourmentées de Paule. Après avoir vu ce film, j’ai été un peu triste, tant à cause de la musique de Brahms qu'à cause du destin de Simon et Paule. Simon est un homme qui mérite l’amour de Paule. Mais pourquoi choisit-elle Roger, un playboy qui ne l’aime pas fidèlement ? La raison est d'après moi donné à la fin du film. Paule crie « Je suis vieille » lorsqu’elle demande Simon de la quitter. Mais je me doute si c'est vraiment cela qui dirige Paule à prendre une décision qu'elle va regretter toute sa vie. Paule est un personnage comme ça, féminin réaliste, empreinte aux doutes mais peu à la jalousie. Une femme mature qui aimerait pouvoir saisir le bonheur comme il vient.
La vieillesse, l’ennemi de femme, a ruiné si beaucoup de couples. Si Paule ignorait la différence d'âge, elle aurait mené une vie heureuse avec Simon. Mais c'est l'amour, l'amour mélancolique. Si on voit un dénouement heureux, ce roman et ce film aurait perdu tout son charme. C'est Aimez-vous Brahms, une histoire d'amour et de solitude, d'amour de l'autre ou de l'amour de se sentir aimée...
L'amour est précieux d'autant plus qu'il inaccessible.
Quelques phrases qui viennent de ce film restent toujours dans mon esprit.
Et vous, je vous accuse de n'avoir pas fait votre devoir d'être humain. Au nom de ce mort, je vous accuse d'avoir laissé passer l'amour, d'avoir négligé le devoir d'être heureuse, d'avoir vécu de faux-fuyants, d'expédients et de résignation. Vous devriez être condamnée à mort, vous serez condamnée à la solitude.
Ces phrases m'ont impressionné lorsque je l'ai entendues la première fois. Simon les dit à Paule en espérant qu'elle ressentisse son amour. D'après moi, personne n'échappe à l'amour et si on néglige l'amour comme Paule, ce sera le plus gros regret de la vie. Saisissez l'occasion !
Simon et Paule dans cette photo
Les Chefs-d’œuvre de Rousseau
Rousseau est toujours l'un de mes écrivains favoris. Si vous voulez le connaître mieux, je vous propose de lire ses trois œuvres : Discours sur l'origine de l’inégalité, La Nouvelle Héloïse, Les Rêveries du promeneur solitaire. Discours sur l'origine de l’inégalité montre le rêve politique de Rousseau; La Nouvelle Héloïse montre ce qu'est l'amour selon Rousseau; Les Rêveries du promeneur solitaire révèle ce qu'il pense de la vie. Je partage avec vous des extraits de ces trois livres.
Discours sur l'origine de l’inégalité
Encouragé par le succès de son premier Discours, Rousseau participe au concours organisé par
l’Académie de Dijon pour l’année 1754 sur le thème de l’origine de l’inégalité parmi les hommes. Il affirme, dès le début, qu’il défend avec « confiance la cause de l’humanité », puis précise sa conception de l’inégalité.
Je conçois dans l'espèce humaine deux sortes d'inégalité, l'une, que j'appelle naturelle ou physique, parce qu'elle est établie par la nature, et qui consiste dans la différence d'âges, de la santé, des forces du corps et des qualités de l'esprit, ou de l'âme, l'autre, qu'on peut appeler inégalité morale ou politique, parce qu'elle dépend d'une sorte de convention, et qu'elle est établie, ou du moins autorisée, par le consentement des hommes. Celle-ci consiste dans les différents privilèges, dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres; comme d'être plus riches, plus honorés, plus puissants qu'eux, ou même de s'en faire obéir.
On ne peut pas demander quelle est la source de l'inégalité naturelle, parce que la réponse se trouverait énoncée dans la simple définition du mot. On peut encore moins chercher s'il n'y aurait point quelque liaison essentielle entre les deux inégalités; car ce serait demander, en d'autres termes, si ceux qui commandent valent nécessairement mieux que ceux qui obéissent, et si la force du corps ou de l'esprit, la sagesse ou la vertu, se trouvent toujours dans les mêmes individus, en proportion de la puissance, ou de la richesse: question bonne peut-être à agiter entre des esclaves entendus de leurs maîtres, mais qui ne convient pas à des hommes raisonnables et libres, qui cherchent la vérité.
La Nouvelle Héloïse
Le voyageur en Valais
Le jeune Saint-Preux est précepteur dans une famille noble de Vevey, ville du Canton de Vaud, sur la rive nord du lac Léman. Il tombe amoureux de son élève, Julie d’Étrangers, qui ne tarde pas à
répondre à ses sentiments. Un peu effrayée par cette passion naissante, Julie a prié Saint-Preux de s’éloigner au moment où son père revient après une absence de huit mois. Saint-Preux part pour le Valais où il a des affaires à régler. Il relate son voyage à Julie.
J’étais parti, triste de mes peines et consolé de votre joie ; ce qui me tenait dans un certain état de langueur qui n’est pas sans charme pour un cœur sensible. Je gravissais lentement et à pied des sentiers assez rudes, conduit par un homme que j’avais pris pour être mon guide et dans lequel, durant toute la route, j’ai trouvé plutôt un ami qu’un mercenaire. Je voulais rêver, et j’en étais toujours détourné par quelque spectacle inattendu. Tantôt d’immenses roches pendaient en ruines au-dessus de ma tête. Tantôt de hautes et bruyantes cascades m’inondaient de leur épais brouillard. Tantôt un torrent éternel ouvrait à mes côtés un abîme dont les yeux n’osaient sonder la profondeur. Quelquefois, je me perdais dans l’obscurité d’un bois touffu. Quelquefois, en sortant d’un gouffre, une agréable prairie réjouissait tout à coup mes regards. Un mélange étonnant de la nature sauvage et de la nature cultivée montrait partout la main des hommes où l’on eût cru qu’ils n’avaient jamais pénétré : à côté d’une caverne on trouvait des maisons ; on voyait des pampres secs où l’on n’eût cherché que des ronces, des vignes dans des terres éboulées, d’excellents fruits sur des rochers, et des champs dans des précipices.
La nouvelle Héloïse, première Partie, lettre XXIII, de Saint-Preux à Julie
L’accablement de Julie
Julie a essayé de parler de Saint-Preux à son père, mais celui-ci est ridiculement entiché de noblesse et n’envisage pas un instant de donner sa fille à un roturier, quel que soit le métier du jeune précepteur. Aussi la séparation accable-t-elle doublement Julie.
Je l’avais trop prévu ; le temps du bonheur est passé comme un éclair ; celui des disgrâces commence, sans que rien m’aide à juger quand il finira. Tout m’alarme et me décourage ; une langueur mortelle s’empare de mon âme ; sans sujet bien précis de pleurer, des pleurs involontaires s’échappent de mes yeux : je ne lis pas dans l’avenir des maux inévitables ; mais je cultivais l’espérance, et la vois flétrir tous les jours. Que sert, hélas ! d’arroser le feuillage quand l’arbre est coupé par le pied ?
Je le sens, mon ami, le poids de l’absence m’accable. Je ne puis vivre sans toi, je le sens ; c’est ce qui m’effraye le plus. Je parcours cent fois le jour les lieux que nous habitions ensemble, et ne t’y trouve jamais ; je t’attends à ton heure ordinaire : l’heure passe, et tu ne viens point. Tous les objets que j’aperçois me portent quelque idée de ta présence pour m’avertir que je t’ai perdu. Tu n’as point ce supplice affreux : ton cœur seul peut te dire que je te manque. Ah ! si tu savais quel pire tourment c’est de rester quand on se sépare, combien tu préférerais ton état au mien !
Encore si j’osais gémir, si j’osais parler de mes peines, je me sentirais soulagée des maux dont je pourrais me plaindre. Mais, hors quelques soupirs exhalés en secret dans le sein de ma cousine, il faut étouffer tous les autres ; il faut contenir mes larmes ; il faut sourire quand je me meurs.
La nouvelle Héloïse, première Partie, lettre XXV, de Julie à Saint-Preux
Cette horrible tentation
M. de Wolamar, espérant conjurer les souvenirs qui lient encore Saint-Preux à Julie, leur laisse une entière liberté de se voir, et cela sur les lieux mêmes où ils se sont aimés autrefois. C’est ainsi qu’au cours d’une absence de M. De Wolmar et à l’occasion d’une promenade sur le lac Léman, Saint-Preux se retrouve avec Julie à Meillerie. Au moment de s’embarquer pour regagner Clarens, tous deux sont profondément émus. -Ayant résisté à cette ultime tentation, ils connaîtront avec M. De Wolmar une période de calme bonheur, mais Julie mourra pour avoir voulu sauver un de ses enfants qui se noyait, laissant Saint-Preux désespéré.
Après le souper, nous fûmes nous asseoir sur la grève en attendant le moment du départ. Insensiblement la lune se leva, l'eau devint plus calme, et Julie me proposa de partir. Je lui donnai la main pour entrer dans le bateau; et, en m'asseyant à côté d'elle, je ne songeai plus à quitter sa main. Nous gardions un profond silence. Le, bruit égal et mesuré des rames m'excitait à rêver. Le chant assez gai des bécassines, me retraçant les plaisirs d'un autre âge, au lieu de m'égayer, m'attristait. Peu à peu je sentis augmenter la mélancolie dont j'étais accablé. Un ciel serein, les doux rayons de la lune, le frémissement argenté dont l'eau brillait autour de nous, le concours des plus agréables sensations, la présence même de cet objet chéri, rien ne put détourner de mon coeur mille réflexions douloureuses.
Je commençai par me rappeler une promenade semblable faite autrefois avec elle durant le charme de nos premières amours. Tous les sentiments délicieux.qui remplissaient alors mon âme s'y retracèrent pour l'affliger; tous les événements de notre jeunesse, nos études, nos entretiens, nos lettres, nos rendez-vous, nos plaisirs, ces foules de petits objets qui m'offraient l'image de mon bonheur passé, tout revenait, pour augmenter ma misère présente, prendre place en mon souvenir. C'en est fait, disais-je en moi-même; ces temps, ces temps heureux ne sont plus; ils ont disparu pour jamais. Hélas! ils ne reviendront plus-, et nous vivons, et nous sommes ensemble, et nos coeurs sont toujours unis! Il me semblait que j'aurais porté plus patiemment sa mort ou son absence, et que j'avais moins souffert tout le temps que j'avais passé loin d'elle. Quand je gémissais dans l'éloignement, l'espoir de la revoir soulageait mon coeur; je me flattais qu'un instant de sa présence effacerait toutes mes peines; j'envisageais au moins dans les possibles un état moins cruel que le mien. Mais se trouver auprès d'elle, mais la voir, la toucher, lui parier, l'aimer, l'adorer, et, presque en la possédant encore, la sentir perdue à jamais pour moi; voilà ce qui me jetait dans des accès de fureur et de rage qui m'agitèrent par degrés jusqu'au désespoir. Bientôt je commençai de rouler dans mon esprit des projets funestes, et, dans un transport dont je frémis en y pensant, je fus violemment tenté de la précipiter avec moi dans les flots, et d'y finir dans ses bras ma vie et mes longs tourments. Cette horrible tentation devint à la fin si forte, que je fus obligé de quitter brusquement sa main pour passer à la pointe du bateau.
Jean-Jacques ROUSSEAU, La Nouvelle Héloïse, 1761. (Quatrième partie, lettre XVII)
Les rêveries du promeneur solitaire
Renoncement
Rousseau avait fini par se persuader qu’il ne réussirait jamais à conjurer le complot tramé contre lui par des adversaires qu’il imaginait uniquement occupés à le perdre. Décidé à en prendre son parti et à ne plus vivre que pour lui seul, il consacra les deux dernières années de son existence à rédiger Les rêveries du Promeneur Solitaire. Son dessein était en partie de donner une sorte de supplément aux confessions. Mais, comme le titre le suggère, il s’agissait surtout de suivre, en de libres méditations, les résonances intérieures de circonstances importantes, ou mineures, de sa vie. Chaque méditation s’organise autour d’une « promenade ». la mort interrompit la rédaction de la deuxième, à peine commencée, et l’ouvrage ne devait paraître qu’en 1782. les rêveries débutent par une magnifique ouverture où le « promeneur » se confronte à la « solitude ».
Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachent à eux. J'aurais aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes. Ils n'ont pu qu'en cessant de l'être se dérober à mon affection. Les voilà donc étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi puisqu'ils l'ont voulu. Mais moi, détaché d'eux et de tout, que suis-je moi-même ? Voilà ce qui me reste à chercher. Malheureusement, cette recherche doit être précédée d'un coup d’œil sur ma position. C'est une idée par laquelle il faut nécessairement que je passe pour arriver d'eux à moi.
Depuis quinze ans et plus que je suis dans cette étrange position, elle me paraît encore un rêve. Je m'imagine toujours qu'une indigestion me tourmente, que je dors d'un mauvais sommeil, et que je vais me réveiller bien soulagé de ma peine en me retrouvant avec mes amis. Oui, sans doute, il faut que j'aie fait sans que je m'en aperçusse un saut de la veille au sommeil, ou plutôt de la vie à la mort. Tiré je ne sais comment de l'ordre des choses, je me suis vu précipité dans un chaos incompréhensible où je n'aperçois rien du tout ; et plus je pense à ma situation présente et moins je ne puis comprendre où je suis.
Les Rêveries du promeneur solitaire: "première promenade"
L’accident de Ménilmontant
Rousseau réside à paris depuis 1770. le jeudi 24 octobre 1776, après déjeuner, il va se promener : il quitte son logis de la rue Plâtrière(actuelle rue J-J Rousseau, dans le premier arr., non loin des Halles)et par la rue du Chemin-Vert, gagne les hauteurs de Ménilmontant, « prenant les sentiers à travers les vignes et les prairies », et s’arrêtant quelquefois à fixer des plantes dans la verdure » : peu à peu il quitte ces menues observations pour se « livrer à l’impression non moins agréable mais plus touchante » que fait sur lui l’ensemble du paysage.- l’anecdote de la chute et du retour à la conscience qui la suit a été souvent rapprochée de l’évanouissement que connut Montaigne après une chute de cheval.
Depuis quelques jours on avait achevé la vendange; les promeneurs de la ville s'étaient déjà retirés; les paysans quittaient les champs jusqu'aux travaux d'hiver. La campagne encore verte et riante, mais défeuillée en partie et déjà presque déserte, offrait partout l'image de la solitude et des approches de l'hiver. Il résultait de son aspect un mélange d'impression douce et triste trop analogue à mon âge et à mon sort pour que je n'en fisse pas l'application. Je me voyais en déclin d'une vie innocente et infortunée, l'âme encore pleine de sentiments vivaces et l'esprit encore orné de quelques fleurs, mais déjà flétries par la tristesse et desséchées par les ennuis. Seul et délaissé, je sentais venir le froid des premières glaces
Deuxième promenade
L’île de Saint-Pierre
Les souvenirs de Rousseau le ramènent à l’époque des persécutions qui ont suivi la publication de l’Émile : Rousseau, qui avait cru retrouver la tranquillité à Môtiers-Travers, s’était heurté au gouvernement de Genève et, ultérieurement, avait été en butte à l’hostilité des habitants, que le pasteur Montmollin animait contre lui. Finalement, dans la nuit du 7 au 8 septembre 1765, la demeure de Rousseau fut attaquée à coups de pierres et il dut se réfugier dans l’île de Saint-Pierre(au milieu du lac de Bienne, au pied du Jura suisse), d’où il sera à nouveau expulsé le 25 octobre sur ordre du Petit Conseil de Berne. C’est de là qu’il gagnera l’Angleterre, par Bâle, Strasbourg et Paris. En somme, période de la tribulations où le souvenir isole avec délices quelques semaines de répit.
De toutes les habitations où j'ai demeuré (et j'en ai eu de charmantes), aucune ne m'a rendu si véritablement heureux et ne m'a laissé de si tendres regrets que l'île de Saint-Pierre au milieu du lac de Bienne. Cette petite île qu'on appelle à Neuchâtel l'île de La Motte est bien peu connue, même en Suisse. Aucun voyageur, que je sache, n'en fait mention. Cependant elle est très agréable et singulièrement située pour le bonheur d'un homme qui aime à se circonscrire ; car quoique je sois peut-être le seul au monde à qui sa destinée en ait fait une loi, je ne puis croire être le seul qui ait un goût si naturel, quoique je ne l'aie trouvé jusqu'ici chez nul autre.
Les rives du lac de Bienne sont plus sauvages et romantiques que celles du lac de Genève, parce que les rochers et les bois y bordent l'eau de plus près, mais elles ne sont pas moins riantes. S'il y a moins de culture de champs et de vignes, moins de villes et de maisons, il y aussi plus de verdure naturelle, plus de prairies, d'asiles ombragés de bocages, des contrastes plus fréquents et des accidents plus rapprochés. Comme il n'y a pas sur ces heureux bords de grandes routes commodes pour les voitures, le pays est peu fréquenté par les voyageurs, mais il est intéressant pour des contemplatifs solitaires qui aiment à s'enivrer à loisir des charmes de la nature, et à se recueillir dans un silence que ne trouble aucun autre bruit que le cri des aigles, le ramage entrecoupé de quelques oiseaux, et le roulement des torrents qui tombent de la montagne ! Ce beau bassin d'une forme presque ronde enferme dans son milieu deux petites îles, l'une habitée et cultivée, d'environ une demi-lieue de tour, l'autre plus petite, déserte et en friche, et qui sera détruite à la fin par les transports de terre qu'on en ôte sans cesse pour réparer les dégâts que les vagues et les orages font à la grande. C'est ainsi que la substance du faible est toujours employée au profit du puissant.
Les Rêveries du promeneur solitaire: "Cinquième promenade"
(La source des introductions et des extraits : Les textes littéraires françaises : XXIIIe siècle)
Bonjour tristesse
Bonjour tristesse est l'un des romans les plus cèlébres de Françoise Sagan
. Elle raconte une histoire amoureuse. La narratrice, Cécile, 17 ans, passe ses vacances sur la méditerranée avec son père, Raymond, 40 ans, veuf depuis 15 ans. Ce sont tous deux êtres insouciants et légers. Raymond a pour l’instant comme maîtresse Elsa, 29 ans, et Cécile flirte avec un étudiant en droit, Cyril. Mais Raymond vient à s’éprendre d’Anne Larsen, 42 ans, directrice d’une maison de couture, volontaire et intelligente. Il veut l’épouser et Anne entreprend de remettre un peu d’ordre dans l’existence du père et de la fille : un jour à table, elle interdit à Cécile de continuer à voir Cyril et lui ordonne de travailler son baccalauréat de philosophie qu’elle a manqué en juillet. Le lendemain matin, Cécile n’arrive pas à fixer sa pensée sur un texte de Bergson. Cécile demandera à Cyril de feindre d’être amoureux d’Elsa, ce qui provoquera la jalousie de Raymond et un rapprochement entre lui et Elsa. Anne, qui les surprix, se tuera au volant de sa voiture. Raymond et Cécile reprendront leur existence insouciante.
(D'après Les textes littéraires françaises : XXe siècle)
Ue jeu
Voilà un jeu de devinette. Écouter le reportage et retrouver les informations correspondant à chacun de ces deux auteurs francophones.
http://www.tv5.org/TV5Site/7-jours/jeu.php?id_dossier=278&jeu=3680#ancre
Qu'est-ce que l"aventure
La semaine dernière, j'ai appris un article dans Le Nouveau Sans Frontière qui concerne l'aventure. Mais je ne suis pas d'accord avec la définition de l'aventure dans cet article. J'ai donc écrit ce petit article pour expliquer ce qu'est l'aventure d'après moi.
L’aventure est, selon le dictionnaire, un ensemble d'activités, d'expériences qui comportent du risque. On est souvent amené à simplement croire comme stéréotype qu’explorer ce qui n’a jamais été abordé par soi-même ou l’homme, comme explorer des terres intactes, inconnues, et pratiquer des sports extrêmes, est la seule vraie aventure. Néanmoins, selon moi, des athlètes qui courent pour battre le record du monde, des soldats qui s’engage dans des guerres afin de protéger leur patrie, des charpentiers qui construisent des maisons dans le but de faciliter des autres, sont tous aventuriers. Ceux qui s’inscrivent dans la définition de se donner pour but de dépasser des limites et de tenter d’être surhomme peuvent être considérés comme des aventuriers. En ce sens, chacun est un aventurier si on chérit la vie et essaie de résoudre des problèmes et de surmonter soi-même. D’un emploi quotidien aussi banal et anodin qu’il semble à une vaste entreprise qui concerne le bien-être de l’homme ou même le salut de l’humanité, des aventures sont omniprésentes. Ces dernières valent certes d’admiration mais des aventuriers de la vie quotidienne méritent aussi de louange. Ils font du quotidien la merveille. En plus de l’aventure physique, il existe une autre aventure spirituelle. Un écrivain, un philosophe, un artiste, un scientifique... Ils marchent seuls dans le domaine spirituel et y déploie un univers changeant de couleurs et de dimensions. C’est un tableau coloré peint par l’âme. Chaque ligne est le fruit d’une aventure pendant laquelle ils traversent des épines(difficultés) et des marais(pièges de l’esprit). Cet univers est un labyrinthe où gît le secret de l’humanité.
Quoique ce soit l’aventure physique ou spirituelle, ces entreprises manifestent des tentations d’émanciper des contraintes qu’impose la nature.
5ème Printemps des poètes à Beijing
Après le succès des précédentes éditions, le Printemps des Poètes fête cette année son cinquième anniversaire. Depuis les années croisées France-Chine, ce rendez-vous national s’appuie sur le réseau des poètes en province et s’illustre chaque année par un dynamisme créateur. Pour célébrer cet anniversaire, des invités aux antipodes : l’un, Claude Jeancolas, spécialiste de Arthur Rimbaud, l’autre Serge Pey, accompagné de Chiara Mulas, performeur en poésie.
J'aime beaucoup la poésie de Rimbaud, particulièrement les poèmes recueillis dans La romance sans parole. Je souhaite que cette activité se tiennne aussi à Wuhan. Ainsi plus de gens qui aiment la littérature francophone auront-ils l'occasion d'échanger des idées avec les spécialistes.
Claude Jeancolas
Né en 1949, Claude Jeancolas est écrivain, historien d’art et journaliste. Il s’est surtout illustré par la publication de plus d’une quinzaine d’ouvrages sur Arthur Rimbaud. Son approche de Rimbaud est très éloignée des clichés habituels du poète maudit. Il défend une vision très humaine du poète qui le rend plus accessible du grand public.
Claude Jeancolas est également, homme de presse et est aujourd’hui directeur des revues Marie Claire Maison et Home à Milan.
Parmi ses ouvrages :
Vitalie Rimbaud, pour l’amour d’un fils.
Rimbaud après Rimbaud, anthologie.
Rimbaud, l’œuvre, la vie.
Les Fauves, couleurs et lumières.
Le regard bleu d’Arthur Rimbaud. Éditions FVW. Paris
Serge Pey
Nouveau troubadour du monde, Serge Pey mène un travail singulier sur la poésie contemporaine française. Né en 1950 à Toulouse, il est créateur de situations et rédige ses textes sur des bâtons avec lesquels il réalise ses scansions et ses performances. Il crée une revue nommée « Émeute » en 1975, suivie de « Tribu » en 1981. Fondateur du groupe de poésie d’action-Flamenco « Los Afiladores » les aiguiseurs de couteaux, il enseigne aussi la poésie contemporaine au Centre d’initiatives artistiques de l’Université de Toulouse-Le Mirail. Serge Pey est l’un des performers les plus importants sur la scène poétique actuelle.
Il est l’auteur d’une quinzaine de livres :
De la ville et du fleuve
Prophéties, la définition de l’aigle
Notre Dame la Noire
Pour libérer les vivants
Il faut aussi savoir libérer les morts…
Chiara Mulas
Née en 1972 à Gavoi (Sardaigne), sa recherche artistique la conduite à explorer les rituels de la mort pratiquée en Sardaigne qu’elle réactualise dans une pratique contemporaine. Vidéaste, performeuse, plasticienne, Chiara Mulas invente un nouveau rapport à l’art contemporain, aussi bien dans ses performances que dans ses installations vidéos dans lesquelles elle se met en scène.
Ses actions artistiques visuelles déjà présentées sur diverses scènes du monde inventent un nouveau rapport au corps et à sa représentation.
La source : http://www.faguowenhua.com/spip.php?article726&lang=fr
Le 7e Panorama du Cinéma français à Wuhan
Le Panorama du Cinéma français revient en avril 2010 à Wuhan. La sélection des films, composée de 13 longs métrages et douze courts métrages récents, est riche et variée : film d’animation, comédie, drame, romance et film à suspens. Les films seront accompagnés d’une délégation de réalisateurs et d’acteurs venus spécialement en Chine pour dialoguer avec le public lors de rencontres dans les cinémas ainsi qu’avec les professionnels lors de leçons de cinéma.
Les films seront projetés à l'Auditorium de Hongshan, très près de l'Université de Wuhan. Je vais profiter de cette occasion de se jouir d'un banquet de films francophones. J'ai déjà vu la fiche de promotion. Il y a beaucoup de films intéressants. De plus, le ticket est loin d'être cher : 30 yuan. Si vous êtes à Wuhan et vous avez le temps, n'hésitez pas y aller. Voilà quelques films qui seront projetés.
A l’origine / 源头 (Xavier Giannoli)
Avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu- Fiction, drame - 2h35
- Philippe Muller, escroc solitaire, vit sur les routes. Un jour, il découvre par hasard un chantier d’autoroute arrêté depuis des années à cause d’écologistes voulant sauver une colonie de scarabées. L’arrêt des travaux avait été une catastrophe économique pour les habitants de cette région, et Philippe y voit la chance de réaliser sa plus belle escroquerie. Mais son mensonge va lui échapper…
Bancs publics (Versailles rive droite) / 爱情专卖店 (Bruno Podalydès)
De Bruno PodalydèsAvec Denis Podalydès, Bruno Podalydès, Emmanuelle Devos, Josiane Balasko, Catherine Deneuve
Fiction – 1h50
- Lucie découvre, accrochée sous une fenêtre de l’immeuble d’en face, une banderole noire avec écrit : « HOMME SEUL ». Est-ce un gag, un cri du cœur, un appel au secours ? Lucie et ses collègues s’interrogent et décident de mener leur enquête au « SQUARE DES FRANCINE » et au magasin « BRICO-DREAM » A la fin du jour, aurons-nous croisé l’homme seul parmi la multitude de ces personnages affairés ?
Bienvenue chez les chtis / 东北欢迎你 (Danny Boon)
Avec Kad Merad, Dany Boon, Zoé Félix, Anne Marivin
- Philippe, qui vit dans le Sud, fraude pour obtenir une mutation sur la Côte d’Azur. Mais il est démasqué et muté dans le Nord. A sa grande surprise, ce n’est pas l’horreur. Sa femme restée dans le Sud refuse de croire qu’il s’y plait et pour se simplifier la vie, il s’enfonce dans un mensonge confortable : il s’éclate dans le Nord et se fait choyer par sa femme dans le Sud. Mais un jour, elle décide de le rejoindre pour l’aider à traverser cette « épreuve »…
Demain dès l’aube / 明天的黎明 (Denis Dercourt )
De Denis Dercourt
Avec Vincent Perez, Jérémie Rénier, Anne Marivin
Fiction, Drame – 1h40
- Paul est passionné de batailles historiques, au point d’être coupé de la réalité et de ne plus vivre qu’à travers les jeux de rôles. À la demande de leur mère, Mathieu, le frère aîné, va tenter de sortir Paul de cet univers mystérieux et secret où la frontière entre jeu et réalité n’existe pas toujours. Pour y parvenir, il n’aura d’autre choix que d’y basculer à son tour…
Fiction, Comédie – 1h46
Fais-moi plaisir / 讨我欢心 (Emmanuel Mouret )
De Emmanuel Mouret- Avec Judith Godrèche, Déborah François, Frédérique Bel, Emmanuel Mouret
- Fiction, Comédie – 1h30
- Ariane est persuadée que son compagnon Jean-Jacques fantasme sur une autre femme. Pour sauver son couple, elle lui demande d’avoir une aventure avec celle-ci, pensant qu’il s’agit du meilleur remède pour le libérer. Lorsque Jean-Jacques se rend chez cette femme, qu’il connaît à peine, il ne sait pas encore qu’il s’agit de la fille du Président de la République…
Henri Michaux
Un des plus grands poètes français contemporains, Henri Michaux, né à Namur en 1899, tien au
Surréalisme par toutes ses fibres, bien qu’il n’ait pas fait partie de l’École. Il bouleverse et recrée le langage, explore l’inconscient jusqu’à ses plus extrêmes limites, utilise dans sa lutte contre un monde hostile les moyens d’expression les plus variés, comme l’humour noir ou la fantasmagorie graphique. Michaux a crée un personnage Plume, toujours dans l’embarras, mal adapté à la société, et qui connaît des aventures extravagantes. Il se sent souvent coupable et rencontre fréquemment un juge qui lui reproche des fautes qu’il ne comprend pas. On songe à Charlie Chaplin, mais l’humour permet à ce triste héros d’opposer au monde une certaine liberté. On peut penser à Swift et à Voltaire en lisant ce poème Plume.
Etendant les mains hors du lit, Plume fut étonné de ne pas rencontrer le mur. «Tiens, pensa-t-il, les fourmis l'auront mangé... » et il se rendormit.
Peu après, sa femme l'attrapa et le secoua
« Regarde, dit-elle, fainéant ! Pendant que tu étais occupé à dormir, on nous a volé notre maison. » En effet, un ciel intact s'étendait de tous côtés. « Bah, la chose est faite », pensa-t-il.
Peu après, un bruit se fit entendre. C'était un train qui arrivait sur eux à toute allure. « De l'air pressé qu'il a, pensa-t-il, il arrivera sûrement avant nous » et il se rendormit.
Ensuite, le froid le réveilla. Il était tout trempé de sang. Quelques morceaux de sa femme gisaient près de lui. «Avec le sang, pensa-t-il, surgissent toujours quantité de désagréments ; si ce train pouvait n'être pas passé, j'en serais fort heureux. Mais puisqu'il est déjà passé... » et il se rendormit
Paul Claudel et la Chine
Paul Claudel est peut-être l'un des écrivains qui sont les plus proches de la Chine. Il a été diplomate en Chine de 1895 à 1909. Voici un poème qu'il a écrit lorsqu'il était en Chine. Cette 3e Ode, dite
Magnificat, est datée de Tientsin, 1907. tout ce Magnificat est un chant d’actions de grâces où le poète songe à la naissance de son premier enfant, mais en même temps il est une attaque très violente contre quiconque ne partage pas sa foi.
Soyez béni, mon Dieu, qui m'avez délivré des idoles, Et qui faites que je n'adore que Vous seul, non point Isis et Osiris, Ou la Justice, ou le Progrès, ou la Vérité, 01 la Divinité, ou l'Humanité, ou les Lois de la Natun ou l'Art, ou la Beauté, Et qui n'avez pas permis d'exister à toutes ces choses qui ne sont pas, ou le Vide laissé par votn absence. Comme le sauvage qui se bâtit une pirogue qui de cette planche en trop fabrique Apollon, Ainsi tous ces parleurs de paroles du surplus de leurs adjectifs se sont fait des monstres sans substance, Plus creux que Moloch, mangeurs de petits enfants, plus cruels et plus hideux que Moloch. Ils ont un son et point de voix, un nom et il n'y a point de personne, Et l'esprit immonde est là qui remplit les lieux déserts et toutes les choses vacantes. Seigneur, vous m'avez délivré des livres et des Idées, des Idoles et de leurs prêtres, Et vous n'avez point permis qu'Israël serve sous le joug des Efféminés. Je sais que vous n'êtes point le dieu des morts, mais des vivants. Je n'honorerai point les fantômes et les poupées, ni Diane, ni le Devoir, ni la Liberté et le bœuf Apis. Et vos « génies », et vos « héros », vos grands hommes et vos surhommes, la même horreur de tous ces défigurés. Car je ne suis pas libre entre les morts, Et j'existe parmi les choses qui sont et je les contrains à m 'avoir indispensable. Et je désire de n'être supérieur à rien, mais un homme juste. Juste comme vous êtes parfait, juste et vivant parmi les autres esprits réels. Que m'importent vos fables ! Laissez-moi seule- ment aller à la fenêtre et ouvrir la nuit et éclater à mes yeux en un chiffre simultané L'innombrable comme autant de zéros après le 1 coefficient de ma nécessité ! Il est vrai ! Vous nous avez donné la Grande Nuit après le jour et la réalité du ciel nocturne. Comme je suis là, il est là avec les milliards de sa présence, Et il nous donne signature sur le papier photo- graphique avec les 6000 Pléïades, Comme le criminel avec le dessin de son pouce enduit d'encre sur le procès-verbal. Et l'observateur cherche et trouve les pivots






