Ce 20 mars 2010, l’Organisation internationale de la Francophonie fêtera ses 40 ans, sous le sarkozy_8523490signe de "La diversité au service de la paix" et de la solidarité avec le peuple haïtien. Ce 40e anniversaire sera célébré par un programme pluriel qui sera marqué par l’inauguration le 20 mars de la Maison de la Francophonie à Paris par Nicolas Sarkozy, Président de la République française et Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie. Il se prolongera jusqu’à la tenue du XIIIe Sommet de la Francophonie à Montreux (Suisse) du 22 au 24 octobre 2010. Ce 20 mars, l’Organisation internationale de la Francophonie fête ses 40 ans. En guise d’apéritif, la Mairie de Paris a fait vendredi la fête à la planète francophone. Et à donné la parole à plusieurs artistes, dont la Valaisanne Celina Ramsauer. Enthousiasmes et couleurs au rendez-vous.

le Président français Nicolas Sarkozy recevait samedi le président de l’OIF, Abdou Diouf, et plusieurs centaines d’invités à l’Elysée. En attendant la «Maison de la Francophonie»…

Sous les lustres royaux, entre les piliers dorés et les rideaux cramoisis, la salle bigarrée (politiques d’ici et d’ailleurs, monde culturel allant de Hélène Carrère d'Encausse à… Ophélie Winter) bavarde, papillonne, bourdonne, vrombit. Et soudain, comme un seul homme, se tait. «Le Président de la République», vient-on d’annoncer.

C’est Abdou Diouf qui prendra d’abord la parole, avec sa stature impressionnante et sa prestance de vieux sage, Abdou Diouf, ancien président du Sénégal, qui commencera par saluer le rôle joué par la France en matière de francophonie: «La Francophonie ne serait pas la Francophonie sans la France, et sans l'engagement constant du chef de l'Etat Français».

Il lancera également un chaleureux hommages aux pères fondateurs, le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, le Tunisien Habib Bourguiba, le Nigérian Hamani Diori et le Cambodgien Norodom Sihanouk, en affirmant que, au cours de ses quarante ans d’existence, la Francophonie a œuvré à rendre possible «l’utopie» amorcée par ceux-ci le 20 mars 1970 à travers la Convention de
p1010501_8523506Niamey.

Non à la «monoculture»

Puis Nicolas Sarkozy prendra la parole. Plongé dans les notes de son discours, d’abord. Et s’en écartant de plus en plus, selon son habitude, en véritable homme de scène, pour mieux suivre le fil de ses élans.

Si Abdou Diouf a axé ses propos sur la dimension politique de la Francophonie, c’est sur la question linguistique que le président français va d’abord embrayer. «Le problème n'est pas l'anglais, le problème c'est le monolinguisme, c'est le prêt-à-porter culturel, c'est l'uniformité», assène-t-il.

Avant d’ajouter: «En défendant le français, vous défendez toutes les identités culturelles du monde». Puis: «Si on cède sur le français, c'est qu'on cèdera sur toutes les autres cultures et toutes les autres langues du monde». Propos chaleureusement applaudi.

Au fil des digressions, Nicolas Sarkozy lâche savamment la bride, jouant efficacement de l’ironie. En particulier à l’égard de ces diplomates français «tellement heureux de parler anglais» alors qu’il les souhaite «ambassadeurs de l'intransigeance francophone».

Pour autant, le chef de l'Etat refuse l’idée d’une compétition entre les deux langues, jugeant qu'une «opposition entre francophones et anglophones n’a pas vraiment de sens politique».

Une Francophonie engagée

Le français pour la beauté du français? Pas vraiment. Plutôt le français comme arme. «La francophonie, ce n'est pas simplement des intellectuels, des amoureux des belles lettres ou de la langue, mais ça doit se traduire aussi dans un combat politique», souligne-t-il.

Il cite alors «la préservation de notre Planète», «la gouvernance mondiale» ou le «développement». Et indique qu'il plaidera pour que l'OIF soit invitée à la conférence internationale sur la reconstruction d'Haïti, le 31 mars à New York, et fait mention du prochain Sommet de la Francophonie, en octobre à Montreux, comme lieu important de cet engagement politique.

«A quoi cela servirait-il d'avoir des valeurs communes si nous ne transformions pas cette adhésion (...) en prise de positions politiques», interroge-t-il. 200 millions de francophones de par le monde? Nicolas Sarkozy sourit de ce «complexe» véhiculé par une francophonie qui serait «la seule à ignorer sa force».

Applaudissements. La salle se vide, les invités se pressent vers le buffet proposé par le Palais de l’Elysée…

La source : http://www.swissinfo.ch/fre/detail/index.html?cid=8495320