Géant littéraire du 18e siècle, chef de file des romantiques et témoin majeur de son temps, Victor Hugo reste le poète et l’écrivain le plus populaire en France et peut-être dans le monde. Il est Bonnat_Hugo001zdéjà depuis plusieurs décennies considéré comme l'un des monuments de la littérature française. Victor Hugo occupe une place importante dans l'histoire des lettres françaises et celle du dix-neuvième siècle par la diversité de ses créations littéraires. Il est à la fois poète lyrique avec des recueils comme Odes et Ballades, Les Feuilles d'automne ou Les Contemplations, célèbres pour l'évocation de sa fille Léopoldine morte, mais il est aussi poète engagé contre Napoléon III dans Les Châtiments (1853) ou encore poète épique avec La Légende des siècles (1859 et 1877).

        Il est également un romancier du peuple qui rencontre un grand succès populaire avec Notre-Dame de Paris (1831) ou Les Misérables (1862). Au théâtre, il expose la théorie du drame romantique dans sa préface de Cromwell en 1827 et l'illustre principalement avec Hernani en 1830 et Ruy Blas en 1838. Victor Hugo a fortement contribué au renouvellement de la poésie.

Victor Hugo est le fils du général d'Empire Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773‑1828). Il passe son enfance à Paris. De fréquents séjours à Naples et en Espagne, à la suite des affectations militaires de son père, marqueront ses premières années. Ainsi, en 1811, il est, avec son frère Eugène, pensionnaire dans une institution religieuse de Madrid, le Collège des Nobles. Vers 1813, il s'installe à Paris avec sa mère qui s'est séparée de son mari, car elle entretient une liaison avec le général d'Empire Victor Fanneau de la Horie. En septembre 1815, il rentre avec son frère à la pension Cordier. D'après Adèle Hugo, c'est vers cet âge que Victor Hugo commence à versifier. Il est encouragé par sa mère à qui il lit ses œuvres, ainsi qu'à son frère Eugène. Sa vocation est précoce et ses ambitions sont immenses. Âgé de quatorze ans à peine, Victor, en juillet 1816, note dans un journal : « Je veux être Chateaubriand ou rien ».

En 1817, il participe à un concours de poésie organisé par l'Académie française sur le thème Bonheur que procure l'étude dans toutes les situations de la vie. Le jury est à deux doigts de lui adresser le prix mais le titre de son poème (Trois lustres à peine) suggère trop son jeune âge et l'Académie croit à un canular : il reçoit seulement une mention. Il concourt sans succès les années suivantes mais gagne, à des concours organisés par l'Académie des jeux floraux de Toulouse, en 1819, un Lys d'or pour la statue de Henri IV et un Amaranthe d'or pour Les Vierges de Verdun, et un prix en 1820 pour Moïse sur le Nil.

Encouragé par ses succès, Victor Hugo délaisse les mathématiques, pour lesquelles il a des aptitudes (il suit les cours des classes préparatoires), et embrasse la carrière littéraire. Avec ses frères Abel et Eugène, il fonde en 1819 une revue, « Le Conservateur littéraire », qui attire déjà l'attention sur son talent. Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors dix-neuf ans. La mort de sa mère le 27 juin 1821 l'affecte profondément. En effet, les années de séparation d'avec son père l'avait rapproché de celle-ci. Il épouse, le 12 octobre 1822, une amie d'enfance Adèle Foucher qui lui donne cinq enfants. Ce mariage précipite son frère Eugène dans la folie, une schizophrénie qui conduira à son enfermement jusqu'à sa mort en 1837.

Il publie la même année Han d'Islande qui reçoit un accueil mitigé. Une critique de Charles Nodier, bien argumentée, est l'occasion d'une rencontre entre les deux hommes et de la Victor_Hugo_lisant_devant_un_mur_de_pierre__1853naissance d'une amitié. Il participera aux réunions du Cénacle à la Bibliothèque de l'Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son développement. Celle-ci dure jusqu'à 1827-1830, date à laquelle Charles Nodier commence à être très critique envers les œuvres de Victor Hugo. Durant cette période, Victor Hugo renoue avec son père qui lui inspirera les poèmes Odes à mon père et Après la bataille. Celui-ci meurt en 1928.

        Le couple reçoit beaucoup et se lie avec Sainte Beuve, Lamartine, Mérimée, Musset, Delacroix. Adèle Hugo entretient une relation amoureuse avec Sainte Beuve qui se développe courant 1831. De 1826 à 1837, la famille séjourne fréquemment au Château des Roches à Bièvres, propriété de Bertin l'Aîné, directeur du Journal des débats. Au cours de ces séjours, Hugo y rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer et rédige des recueils de poésie dont Feuilles d'automne. Il publie en 1929, le recueil de poèmes Les Orientales. Le Dernier Jour d'un condamné paraît la même année et sera suivi de Claude Gueux en 1834. Dans ces deux courts romans, Victor Hugo présente son dégoût de la peine de mort. Le roman Notre Dame de Paris paraît en 1831.

De 1830 à 1843, Victor Hugo se consacre presque exclusivement au théâtre mais publie néanmoins des recueils de poésie Les Feuilles d'automne (1831), Les Chants du crépuscule (1835), Les Voix intérieures (1837), Les Rayons et les Ombres (1840). Déjà en 1828, il avait monté une œuvre de jeunesse Amy Robsart. L'année 1830 est l'année de création d’Hernan qui est l'occasion d'un affrontement littéraire fondateur entre anciens et modernes, ces derniers, au premier rang desquels Théophile Gautier, s'enthousiasmant pour cette œuvre romantique — combat qui restera dans l'histoire de la littérature sous le nom de « bataille d'Hernani ». Marion de Lorme, interdite une première fois en 1829 est montée en 1931 au Théâtre de la Porte Saint-Martin, Le roi s'amuse en 1832 au Théâtre-Français.

En 1833, il rencontre l'actrice Juliette Drouet, qui devient sa maîtresse et lui consacrera sa vie. Il écrira pour elle de nombreux poèmes. Lucrèce Borgia et Marie Tudor sont montées au Théâtre de la porte Saint Martin en 1833, Angelo, tyran de Padoue au Théâtre Français en 1835. Il manque de salle pour jouer les drames nouveaux, Victor Hugo décide donc, avec Alexandre Dumas, de créer une salle dédiée au drame romantique. Aténor Joly reçoit, par arrêté ministériel, le privilège autorisant la création du théâtre de la Renaissance en 1836 où sera donné, en 1838, Ruy Blas.

En 1841, Hugo accède à l'Académie française, après trois tentatives infructueuses essentiellement dues à une poignée d'académiciens menés entre autres par Étienne de Jouy, opposés au romantisme et le combattant férocement. Puis en 1843 est monté Les Burgraves qui ne recueille pas le succès escompté. Lors de la création de toutes ces pièces, Victor Hugo se heurte aux difficultés matérielles (théâtre peu propice aux spectacles d'envergure) et humaines (réticences des comédiens français devant les audaces de ses drames). Ses pièces sont régulièrement sifflées par un public peu sensible au drame romantique, même si elles reçoivent aussi de la part de ses admirateurs de vigoureux applaudissements.

En 1843, Léopoldine meurt tragiquement à Villequier, noyée avec son mari Charles Vacquerie dans le naufrage de leur barque. Hugo sera terriblement affecté par cette mort qui lui inspirera plusieurs poèmes des Contemplations — notamment, le fameux « Demain, dès l'aube... ». À partir de cette date et jusqu'à son exil, Victor Hugo ne produira plus rien, ni théâtre, ni roman ni poème. Certains voient dans la mort de Léopoldine et l'échec des Burgraves une raison de cette désaffection de Victor Hugo pour la création littéraire. D'autres voient, dans cette désaffection, l'attrait pour la politique qui lui offre une autre tribune.

Élevé par sa mère bretonne dans l'esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l'intérêt de la démocratie (« J'ai grandi », écrit-il dans le poème « Écrit en 1846 » en réponse à un reproche d'un ami de sa mère). Son idée est que « là où la connaissance n'est que chez un homme, la monarchie s'impose. Là où elle est dans un groupe d'hommes, elle doit faire place à l'aristocratie. Et quand tous ont accès aux lumières du savoir, alors le temps est venu de la démocratie ».

      Au début de la Révolution de 1848, il est élu député de la deuxième République et siège parmi les conservateurs. Mais il désapprouve la répression sanglante de l'émeute de juin 48. Il fonde le journal L'Événement en août 1848. Il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte élu Président de la République en décembre 1848. Après la dissolution de l'assemblée nationale, il est élu en 1849 à l'assemblée législative et prononce son Discours sur la misère. Il rompt avec Louis-Napoléon Bonaparte lorsque celui-ci soutient le retour du Souverain-Pontife à Rome et il se bat progressivement contre ses anciens amis politiques dont il réprouve la politique réactionnaire.

      Hugo s'exile après le coup d'État du 2 décembre 1851 qu'il condamne vigoureusement pour des raisons morales dans Napoléon le petit, pamphlet publié en 1852, dans Histoire d'un crime, écrit au lendemain du coup d'état et publié 25 ans plus tard et dans Les Châtiments.

      Sous le Second Empire, opposé à Napoléon III, il vit en exil à Bruxelles, puis à Jersey et enfin à Guernesey. Pendant ces années difficiles, il publiera notamment Les Châtiments (1853), œuvre en vers qui prend pour cible le Second Empire ; Les Contemplations, poésies (1856) ; La Légende des siècles (1859), ainsi que Les Misérables, roman (1862). Le souvenir douloureux de Léopoldine sa fille — ainsi que sa curiosité — le pousse à tenter, à Jersey, des expériences de spiritisme consignées dans Les Tables tournantes de Jersey.

      

        Pendant les années 1860, il traverse plusieurs fois le Grand-Duché de Luxembourg comme touriste, alors qu'il se rend sur le Rhin allemand (1862, 1863, 1864, 1865). En 1871, après la Commune de Paris, tandis qu'il est expulsé de Belgique pour y avoir offert asile aux communards poursuivis dans la capitale française, il trouve refuge pendant trois mois et demi dans le Grand-Duché (1er juin–23 septembre). Il séjourne successivement à Luxembourg, à Vianden (deux mois et demi), à Diekirch et à Mondorf, où il suit une cure thermale.

        Après la chute du Second Empire consécutive à la guerre franco-prussienne de 1870, c'est l'avènement de la Troisième République : Hugo peut enfin rentrer après vingt années d'exil. Pris dans la tourmente du siège de Paris, il ne peut assister au lancement du ballon monté qui porte son nom : il a été prévenu trop tardivement ! Jusqu'à sa mort, en 1885, il restera une des figures tutélaires de la république retrouvée — en même temps qu'une référence littéraire incontestée. Il décède le 22 mai 1885, dans son hôtel particulier « La Princesse de Lusignan ». Selon la légende, ses derniers mots furent : « Ceci est le combat du jour et de la nuit... Je vois de la lumière noire ». Conformément à ses dernières volontés, c'est dans le « corbillard des pauvres » qu'eut lieu la cérémonie. Il est d'abord question du Père Lachaise mais le premier juin, suite au décret du 26 mai 1885, il sera finalement conduit au Panthéon, la jeune Troisième République profitant de cet évènement pour retransformer l'église Sainte-Geneviève en Panthéon. Avant son transfert, son cercueil est exposé une nuit sous l'arc de triomphe. Plus d' un million de personnes et de nombreuses délégations se sont déplacées pour lui rendre un dernier hommage , le cortège vers le Panthéon s'étire sur plusieurs kilomètres.

(d'après les ressources de Wikipédia) http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo