9782035826534L’histoire de la poésie française est ponctuée par des mouvements ou des écoles. Chaque école a façonné son visage en rassemblant certains visages dont les noms y restent attachés. Le Classicisme avec La Fontaine, Racine et Voltaire. Le drapeau du Romantisme est tenu haut par Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset et Vigny. Le Symbolisme avec Baudelaire en tant que précurseur, Mallarmé,  Rimbaud et Verlaine. Le Surréalisme est avec Breton, Aragon. Le Modernisme avec Guillaume Apollinaire, Paul Claudel, Paul Valéry et Henri Michaux.

    Parmi toutes les écoles, j’apprécie le romantisme le plus pour son épanchement du sentiment personnel. Le Romantisme s’affirme en France avec la publication par Lamartine, en 1820, des Méditations poétiques. Le Romantisme se dégage, tel qu’il est, comme un verso du Classicisme en préconisant l’âme contre l’esprit, le sentiment contre la raison, l’individualité contre la collectivité et le lyrisme contre le règlement. La nature est un refuge pour les romantiques où ils trouvent la solitude, la mélancolie, la nostalgie et l’ambiance d’écouter son âme. Au déploiement inouï des tableaux que peindrent des romantiques, on décerne la sensibilité subtile, les nuances sentimentales et le désir de se révolter contre les règles asphyxiantes. Chenier
   

    En parlant du Romantisme, il ne faut pas oublier André Chénier(son portrait à droite), le dernier poète classique, mais aussi le premier poète romantique. Il a été salué comme le maître et le modèle par la génération romantique en 1819. Il se vouait, à la manière de Voltaire, poète-philosophe. À certain point de vue, il a replongé aux sources du classicisme le plus académique en tentant d’intégrer les genres de l’Antiquité grecque. Danser dans les règles classiques, c’est comment je qualifie André Chénier. On n’y trouve guère de métaphores ou de symboles. Sa langue est moins subtile, moins nuancée par rapport aux autres romantiques ultérieurs. Ces règles dans lesquelles son inspiration s’est moulée n’ont pas étouffé son chant de l’âme. La nostalgie, la mélancolie, l’inquiétude, voire l’indignation et la colère se dégagent des rythmes encore compassés. Il possède une sensibilité qui sait se traduire en image et en ver, se donner une silhouette et des contours, se situer dans le monde virtuel ou créer un monde selon son libre arbitre. Chénier sait imprégner la langue de son ressort, de son exigence vitale, et de son sentiment insatiable.

 

    L’art ne fait que des vers; le cœur seul est poète.

   

   Chénier ainsi écrit dans un poème et ce ver est le devise du Romantisme. Dans les jours suivants, je vous invite à un voyage à travers le Romantisme.

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